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Ce mois dans l’histoire du travail
13 novembre 1983 – Riposte du mouvement Operation Solidarity en Colombie-Britannique
En 1983, la population de la Colombie-Britannique a élu le Parti Crédit Social. Quelques mois plus tard, le gouvernement a présenté un programme de droite radical comportant 26 projets de loi. Ils ont éliminé les protections des droits de la personne, aboli les organismes de surveillance provinciaux, réduit les services sociaux et attaqué la négociation collective. Le personnel du secteur public a été le plus ciblé, menaçant la dotation en personnel dans les soins de santé et les hôpitaux.
Les projets de loi ont uni le mouvement syndical et un large éventail de groupes sociaux, des prestataires de l’aide sociale, des femmes et des enfants, des étudiantes et étudiants, des personnes en situation de handicap et des minorités qui ont subi le plein effet des attaques. Le mouvement syndical mené par la BC Federation of Labour (Fédération du travail de la C.-B.) s’est joint à des groupes communautaires pour organiser un mouvement de protestation massif, connu sous le nom de ‘Operation Solidarity’ (Opération solidarité). La section locale 180 du Syndicat des employés d’hôpitaux (SEH)-SCFP a joué un rôle essentiel dans le mouvement de protestation provincial massif contre le gouvernement.
Des marches et des manifestations ont été organisées aux quatre coins de la province pendant trois mois. Le mouvement Operation Solidarity a manifesté contre les projets de loi. D’immenses marches et rassemblements ont été organisés, réunissant des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Vancouver et sur le terrain de l’Assemblée législative de la province, à Victoria. Les bureaux des membres du cabinet ont été occupés. Un journal hebdomadaire a été lancé afin de contourner les médias corporatifs.
Le 31 octobre, le Syndicat des fonctionnaires provinciaux de la Colombie-Britannique (BCGEU) a débrayé alors que des licenciements massifs avaient lieu. Le mouvement Operation Solidarity a commencé à organiser un mouvement de grève auquel les professeurs se sont joints la deuxième semaine. La pression s’accentuait pour une grève générale provinciale.
La BC Federation of Labour craignait ce qu’un gouvernement de droite pourrait faire dans le cadre d’une confrontation totale. Est-ce que le résultat serait des attaques encore plus importantes contre les syndicats des services publics? Les dirigeants syndicaux n’étaient pas certains si les travailleuses et travailleurs du secteur privé se joindraient à une grève générale. La BC Federation of Labour a ouvert un dialogue avec le gouvernement et, le dimanche 13 novembre, une trêve a été conclue.
Les actions de mobilisation massive d’Operation Solidarity ont été le début de décennies de longues ripostes contre les politiques économiques néolibérales au Canada qui remontent aux années 1970. Les actions de l’automne en C.-B. ont aidé à élaborer une compréhension de ce qu’est l’unité entre différents mouvements sociaux. Une manifestation comme les « Journées d’action de l’Ontario » a permis de lutter contre des politiques similaires adoptées par le gouvernement ontarien de Mike Harris dans les années 1990. Bien qu’il ne soit pas toujours facile d’unir une vaste coalition, la compréhension est dorénavant claire depuis ces journées d’automne de 1983 que pour qu’un changement se produise, la solidarité des groupes syndicaux et communautaires est nécessaire.
« Le soulèvement en C.-B. s’est également avéré une position militante importante contre la nouvelle droite et le néolibéralisme ascendants, une tentative de la gauche pour renverser l’énorme changement économique et politique qui a balayé le monde occidental après les années 1970, créant le monde dans lequel nous vivons présentement. »
Docteur Gordon Hak, professeur d’histoire, Université Vancouver Island
