Les hôpitaux de l’Ontario ont été poussés au-delà du point de rupture
Le sous-financement, le manque de personnel et la privatisation aggravent la crise dans les hôpitaux de l’Ontario
Les hôpitaux de l’Ontario sont à court des ressources nécessaires pour soigner les patients.
Le fonds de roulement des hôpitaux, soit l’argent disponible pour couvrir les dépenses quotidiennes telles que les salaires, les médicaments et les fournitures médicales, a diminué de plus de 2,2 milliards de dollars depuis 2020. À la fin de 2025, les hôpitaux affichaient un déficit combiné de fonds de roulement de 280 millions de dollars.
Parallèlement, les hôpitaux doivent faire face à une demande croissante, à de graves pénuries de personnel, à des déficits grandissants et à des taux d’occupation dangereusement élevés.
Le SCFP/OCHU a lancé une tournée médiatique à l’échelle de la province pour présenter les conclusions du rapport et montrer les effets du sous-financement, des compressions de personnel et de la privatisation sur les hôpitaux dans les communautés de l’Ontario.
La tournée a débuté à Queen’s Park et est menée par Michael Hurley, président du SCFP/OCHU, et Doug Allan, conseiller principal à la recherche.
À chaque étape, le SCFP/OCHU présentera des données provinciales et locales sur les hôpitaux, échangera avec les journalistes et les membres de la communauté, et demandera au gouvernement de l’Ontario de protéger et de renforcer les soins hospitaliers publics.
« Les hôpitaux ont besoin d’augmentations annuelles de 6 % simplement pour maintenir leurs services. Année après année, le gouvernement Ford a réduit leurs budgets en termes réels, entraînant la suppression de lits et de postes alors que le vieillissement de la population exerce une pression considérable sur les services hospitaliers. »
— Michael Hurley, président du SCFP/OCHU
Le nouveau rapport du SCFP/OCHU, Au-delà du point de rupture : l’offensive croissante contre les hôpitaux de l’Ontario, montre que cette crise n’a rien d’inévitable. Elle découle directement des décisions gouvernementales en matière de financement, qui n’ont pas suivi l’évolution du coût réel des soins hospitaliers.
2,2 milliards de dollars perdus
Le fonds de roulement des hôpitaux est passé de plus de 2 milliards de dollars à un déficit de 280 millions de dollars.
Plus de 1 200 postes supprimés
Les hôpitaux ont supprimé plus de 1 200 postes depuis septembre 2025, malgré une demande croissante de soins.
400 millions de dollars de déficit
Les déficits de fonctionnement des hôpitaux de l’Ontario dépassaient 400 millions de dollars à la fin de 2025.
Il manque 55 000 travailleurs
L’Ontario a besoin d’environ 55 000 travailleurs hospitaliers supplémentaires pour atteindre les niveaux de dotation du reste du Canada.
Le financement ne suit pas les besoins
Les dépenses hospitalières ont augmenté en moyenne de 6,5 % par année au cours des sept dernières années. Pourtant, le gouvernement provincial prévoit une hausse du financement des hôpitaux de seulement 3,3 % en 2026–2027.
Cet écart oblige les hôpitaux à emprunter, à supprimer des postes et à réduire les services.
L’Ontario est également la province qui finance le moins ses hôpitaux par habitant au Canada. Il faudrait environ 5 milliards de dollars supplémentaires par année pour que le financement des services hospitaliers de base atteigne le niveau des autres provinces.
La demande augmente, mais la capacité diminue
Les hôpitaux de l’Ontario ont enregistré plus de neuf millions de journées d’hospitalisation en 2024–2025, soit une hausse de plus de deux millions en dix ans.
De nombreux hôpitaux affichent régulièrement un taux d’occupation des lits supérieur à 90 %, tandis que le nombre de patients soignés dans les couloirs a presque doublé depuis 2018.
Les patients font face à :
- Des services d’urgence surchargés
- Des délais plus longs pour les interventions chirurgicales et les traitements
- Des soins dans les couloirs
- Des fermetures de services d’urgence
- Moins de temps avec le personnel hospitalier
L’Ontario ne peut pas répondre à la demande croissante tout en supprimant des postes et en réduisant les services hospitaliers.
La privatisation ne réduit pas les délais d’attente
Le gouvernement de l’Ontario a fait passer le financement annuel des cliniques privées à but lucratif de 60 millions de dollars en 2017–2018 à 294 millions en 2026–2027.
Pourtant, après cette hausse du financement, les indicateurs d’accès à la chirurgie de la cataracte se sont détériorés :
- Le délai d’attente médian est passé de 63 à 71 jours
- Les délais d’attente les plus longs sont passés de 223 à 253 jours
- La proportion d’interventions réalisées dans les délais cibles est passée de 72% à 66%
Fonds de roulement des hôpitaux de l’Ontario
Le fonds de roulement des hôpitaux de l’Ontario est passé d’environ 2 milliards de dollars en 2020–2021 à un déficit de 280 millions de dollars en 2024–2025. Les hôpitaux sont de plus en plus contraints d’emprunter pour couvrir leurs dépenses quotidiennes de fonctionnement.
Le manque de personnel hospitalier en Ontario
L’Ontario ne compte que 1 171 travailleurs hospitaliers pour 100 000 habitants, contre 1 524 dans le reste du Canada. Il faudrait environ 55 000 travailleurs supplémentaires à temps plein pour combler cet écart.
Financement provincial des hôpitaux par habitant
L’Ontario ne consacre que 2 056 dollars par habitant au financement des hôpitaux, soit le niveau le plus bas au Canada. En 2025, il aurait fallu environ 2,17 milliards de dollars supplémentaires simplement pour atteindre le niveau de la province se classant à l’avant-dernier rang.
Le SCFP/OCHU demande au gouvernement provincial de:
- Investir 5 milliards de dollars dans les services hospitaliers de base
- Assurer un financement hospitalier stable et pluriannuel
- Mettre fin aux suppressions de postes dans les hôpitaux et augmenter les effectifs
- Accroître la capacité des hôpitaux publics
- Mettre fin à toute nouvelle privatisation
- Instaurer des ratios de personnel infirmier par patient
- Prendre des mesures contre la violence envers le personnel hospitalier
